
La standardisation des procédés de soudage représente un enjeu majeur pour l’industrie moderne. La norme ISO 4063 constitue le référentiel international incontournable qui organise et codifie l’ensemble des techniques de soudage, brasage et coupage thermique. Cette classification numérique facilite la communication technique entre les professionnels du monde entier et simplifie considérablement la documentation industrielle. Mise à jour en 2023, cette norme accompagne l’évolution technologique du secteur en intégrant les nouvelles techniques tout en conservant une structure logique et cohérente. Comprendre cette nomenclature devient essentiel pour tout professionnel impliqué dans la conception, la fabrication ou le contrôle des assemblages soudés.
Structure et organisation de la norme ISO 4063 pour les procédés de soudage
La norme ISO 4063 adopte une approche méthodique pour classifier les procédés de soudage à travers une architecture hiérarchique claire. Cette organisation permet une identification précise de chaque technique grâce à un système de codification numérique progressif qui va du général au particulier.
Classification par familles technologiques des procédés de soudage
La structure principale de la norme s’articule autour de dix grandes familles technologiques, chacune identifiée par un chiffre unique de 1 à 9, plus le 0 pour les procédés généraux. Cette classification reflète les principes physiques fondamentaux utilisés pour réaliser l’assemblage. Les procédés de soudage à l’arc occupent la première position avec le code 1, suivis des procédés par résistance électrique (code 2), puis des techniques utilisant les gaz combustibles (code 3).
Cette organisation logique facilite l’apprentissage et la mémorisation des codes. Les procédés de soudage par pression sont regroupés sous le code 4, incluant les techniques par friction, ultrasons et explosion. Les technologies de pointe comme le soudage par faisceau laser ou électronique trouvent leur place dans la famille 5, tandis que les procédés spécifiques aux matières plastiques constituent la famille 6.
Système de codification numérique à trois chiffres selon ISO 4063
Le système de codification ISO 4063 utilise une logique décimale progressive qui permet d’identifier précisément chaque procédé. Le premier chiffre désigne le groupe principal, le deuxième chiffre précise le sous-groupe technologique, et le troisième chiffre spécifie la variante technique exacte. Cette approche garantit une identification unique et évite toute ambiguïté dans la désignation des procédés.
Par exemple, le code 141 correspond au soudage TIG avec produit d’apport, où 1 indique le soudage à l’arc, 4 précise le soudage sous protection gazeuse avec électrode de tungstène, et 1 spécifie l’utilisation d’un produit d’apport. Cette granularité permet aux utilisateurs d’identifier immédiatement les caractéristiques essentielles du procédé sans consultation supplémentaire.
Évolution historique de la norme depuis sa première publication en 1978
La première version de l’ISO 4063 publiée en 1978 comportait déjà les principes fondamentaux de classification qui perdurent aujourd’hui. Les révisions successives ont principalement enrichi la nomenclature pour intégrer les innovations technologiques émergentes. La version de 1990 a introduit de nombreux procédés de soudage par friction et par ultrasons, reflét
aient la montée en puissance des procédés de soudage en phase solide. La révision de 2009 a consolidé la structure à trois chiffres et clarifié la distinction entre soudage, brasage fort, brasage tendre et soudobrasage. La dernière édition de 2023, quant à elle, actualise de nombreux intitulés, intègre les procédés spécifiques aux plastiques et formalise davantage les liens avec les autres normes de soudage, tout en reléguant certains procédés à l’état d’obsolètes ou « remplacés ».
Cette évolution progressive illustre bien la philosophie de l’ISO 4063 : conserver un socle stable pour la codification des procédés de soudage, tout en laissant la possibilité d’ajouter de nouveaux procédés et variantes. Pour les entreprises, cela implique de vérifier régulièrement la version de la norme utilisée dans leurs documents internes, notamment lorsqu’elles réutilisent des modes opératoires de soudage anciens. On trouve d’ailleurs en annexe de l’ISO 4063:2023 un tableau récapitulatif des anciens codes à ne plus employer, avec la forme correcte de désignation à utiliser pour la traçabilité.
Harmonisation avec les normes européennes EN ISO 4063 et américaines AWS
La norme ISO 4063 ne vit pas en vase clos. Elle est publiée comme norme européenne sous l’appellation EN ISO 4063, ce qui garantit son adoption et son application dans l’ensemble des pays de l’Union européenne et au-delà. Cette harmonisation européenne permet de parler le même langage sur les plans, cahiers de soudage, spécifications de fabrication et documents qualité, quel que soit le pays de production ou de contrôle. Pour les groupes industriels multi-sites, c’est un levier majeur de cohérence technique.
Parallèlement, la norme établit de nombreux ponts avec la terminologie américaine issue de l’American Welding Society (AWS). Les acronymes comme SMAW, GMAW, GTAW, SAW ou encore FCAW apparaissent dans les titres ou en regard des codes ISO 4063, afin de faciliter la correspondance entre documents européens et documentation nord-américaine. Pour un lecteur habitué aux désignations AWS, retrouver par exemple que le 111 correspond au Shielded Metal Arc Welding (SMAW) ou que le 141 renvoie au Gas Tungsten Arc Welding (GTAW) est un gain de temps précieux.
Dans la pratique, cette double lecture ISO/AWS permet de réduire les erreurs d’interprétation lors des échanges de spécifications de soudage, des réponses à appel d’offres internationaux ou des audits fournisseurs. Vous travaillez avec un donneur d’ordre américain qui vous parle de MIG ou de GMAW ? Les codes ISO 4063 fournissent une clé de traduction directe, utilisable dans vos QMOS, vos DMOS et vos plans. À l’inverse, l’utilisation cohérente des codes ISO sur les documents contractuels renforce la sécurité juridique et technique des projets.
Procédés de soudage par fusion : codes 1xx à 7xx
Les procédés de soudage par fusion constituent le cœur historique de l’ISO 4063. Ils reposent sur la fusion locale des bords à assembler, avec ou sans métal d’apport, suivie d’une solidification qui crée la continuité métallique. Dans la nomenclature, ces procédés se retrouvent principalement dans les familles 1xx (soudage à l’arc), 3xx (soudage aux gaz), 5xx (faisceaux d’énergie concentrée) et certains 7xx (procédés thermochimiques spécifiques). Pour l’ingénieur comme pour le soudeur, maîtriser ces codes est indispensable pour parler le même langage tout au long de la chaîne industrielle.
Soudage à l’arc électrique : TIG (141), MIG/MAG (131-135) et électrode enrobée (111)
Le soudage à l’arc électrique représente la famille de procédés la plus utilisée dans l’industrie métallique. Dans la structure ISO 4063, il est identifié par le chiffre 1. On y retrouve notamment le 111 (soudage manuel à l’arc à l’électrode enrobée – SMAW), les procédés 131 à 138 pour le soudage MIG/MAG (GMAW, FCAW-G…) et les procédés 141 à 147 pour le soudage TIG (GTAW). Chacun de ces codes décrit une combinaison spécifique d’électrode, de protection gazeuse et de mode d’apport du métal.
Le code 111 désigne le soudage à l’arc manuel avec électrode enrobée, sans protection gazeuse additionnelle : la protection est assurée par les gaz et le laitier provenant de l’enrobage. C’est le procédé le plus universel, particulièrement apprécié en maintenance et en chantier. Les codes 131 et 135 renvoient respectivement au soudage MIG (gaz inerte, fil plein) et au soudage MAG (gaz actif, fil plein) sous l’appellation GMAW. Les variantes 136 et 138 introduisent le fil fourré, avec flux ou poudre métallique, très présent en fabrication industrielle lourde.
Le soudage TIG, codé 141 (TIG avec métal d’apport plein) et 142 (TIG autogène), se distingue par l’utilisation d’une électrode de tungstène non fusible et d’un gaz inerte (argon, hélium ou mélange). C’est un procédé privilégié pour les assemblages de haute qualité, notamment en aéronautique, dans le nucléaire ou l’industrie pharmaceutique. Pour des applications pointues, la norme prévoit aussi des variantes comme le 145 ou le 146, qui intègrent des gaz réducteurs. En pratique, ces codes peuvent être complétés par des informations supplémentaires, par exemple le mode de transfert pour le GMAW (ISO 4063‑135‑D pour un transfert par court-circuit), ou le nombre de fils (ISO 4063‑131‑2 pour un MIG bi-fil).
Soudage par faisceau d’énergie concentrée : laser (52) et faisceau d’électrons (51)
Les procédés de soudage par faisceau d’énergie concentrée sont regroupés dans la famille 5x de l’ISO 4063. Ils se caractérisent par une densité de puissance extrêmement élevée, concentrée sur une très petite zone, ce qui permet des vitesses de soudage importantes et une faible largeur de zone affectée thermiquement. Le soudage par faisceau d’électrons se voit attribuer le groupe 51, tandis que le soudage laser relève du groupe 52. Ces technologies sont devenues incontournables dans l’automobile, l’aéronautique, le spatial et la micro-mécanique.
Le code 511 correspond au soudage par faisceau d’électrons sous vide (EBW‑HV/EBW‑MV), généralement utilisé pour les pièces de haute valeur ajoutée ou les joints épais nécessitant une pénétration importante. Le 512 décrit le soudage par faisceau d’électrons sous atmosphère (EBW‑NV), plus adapté à certaines lignes de production en série. La variante 513 introduit l’utilisation d’un gaz de protection en complément. De son côté, le soudage laser est codé 521 pour les lasers solides (SLBW), 522 pour les lasers gaz (GLBW) et 523 pour les lasers à diodes (DLBW).
Pourquoi une telle précision de codification pour ces procédés de soudage avancés ? Parce qu’en fonction du type de source (laser CO₂, laser fibre, laser Nd:YAG, faisceau d’électrons sous vide haute ou moyenne, etc.), les caractéristiques métallurgiques, la préparation des bords, la tolérance aux défauts ou encore les exigences de sécurité varient considérablement. En désignant clairement un code ISO 4063 dans un DMOS ou une spécification client, on lève ainsi toute ambiguïté sur la technologie attendue. C’est un peu comme préciser non seulement que l’on veut « une voiture », mais aussi la motorisation, le carburant et la catégorie de véhicule.
Soudage oxyacétylénique et procédés par flamme : codes 311 à 313
Les procédés de soudage aux gaz combustibles sont rassemblés dans la famille 3x. Le soudage oxyacétylénique, codé 311 (OAW), reste un procédé de référence pour la formation initiale des soudeurs et certaines applications de réparation ou de tuyauterie fine. L’énergie est fournie par la flamme issue du mélange d’oxygène et d’acétylène, permettant la fusion progressive des bords et du métal d’apport. La norme distingue également le 312 (soudage oxypropane) et le 313 (soudage oxhydrique), qui utilisent d’autres gaz combustibles.
Si ces procédés de soudage par flamme sont aujourd’hui moins répandus dans la grande série que le MIG/MAG ou le TIG, ils conservent des niches d’utilisation intéressantes : interventions sur site sans alimentation électrique, atelier de maintenance, chaudronnerie fine, ou encore travail artistique du métal. L’ISO 4063 permet de les désigner précisément dans les instructions de travail, les plannings de production et les dossiers de certification. Pour un organisme de contrôle ou un client, voir apparaître clairement le code 311 sur un plan de soudage garantit que l’on parle bien de soudage oxyacétylénique, et non simplement d’un « soudage flamme » approximatif.
Procédés de soudage plasma : PAW (15) et micro-plasma (151)
Le soudage plasma appartient à la grande famille du soudage à l’arc mais bénéficie de sa propre sous-famille dans la norme : le groupe 15. Il s’agit d’un procédé dérivé du TIG, où l’arc est contraint et concentré par une buse, créant un jet plasma très énergétique. Dans l’ISO 4063, on retrouve notamment le 151 pour le soudage plasma‑MIG, le 153 pour le soudage plasma à arc transféré, et le 154 pour l’arc non transféré. Ces différences reflètent le mode de transfert de l’arc et l’architecture de la torche.
Le micro-plasma, généralement rattaché au 151 ou décrit comme une variante de la famille 15x, est particulièrement adapté au soudage de faibles épaisseurs (quelques dixièmes de millimètre) avec un excellent contrôle du bain. On le rencontre par exemple dans la fabrication de composants médicaux, de capteurs ou de pièces aéronautiques fines. Là encore, la codification ISO 4063 permet de ne pas confondre ce procédé avec un TIG classique : pour le formateur ou le rédacteur de DMOS, indiquer ISO 4063‑151 ne renvoie pas au même savoir-faire, ni au même matériel, que ISO 4063‑141. Pour résumer, le code ISO agit comme une « carte d’identité » du procédé de soudage plasma.
Procédés de soudage en phase solide : codes 4xx et 7xx
À côté des procédés par fusion, l’ISO 4063 recense toute une famille de procédés de soudage en phase solide, où la continuité métallique est obtenue sans fusion des matériaux de base. Ces procédés, répertoriés principalement dans les familles 4xx et certains 7xx, utilisent la pression, la friction, les ultrasons, l’explosion ou la diffusion pour créer la liaison. Ils répondent parfaitement aux exigences actuelles de réduction des déformations, de maîtrise des microstructures et de compatibilité avec des matériaux difficiles à souder par fusion (alliages d’aluminium, métaux dissemblables, matériaux sensibles à la fissuration).
On trouve par exemple le 421 (soudage par friction avec entraînement direct – FRW‑DD), le 422 (friction par inertie – FRW‑I), le 424 (friction linéaire – FLW) ou encore le 431 à 435 pour le soudage par friction‑malaxage (FSW/FOW). Les procédés par ultrasons (411 à 414), par explosion (441) ou par diffusion (451) complètent ce panorama. Dans la pratique industrielle, ces procédés sont très présents dans l’automobile (FSW pour l’aluminium), la production de radiateurs ou échangeurs, le soudage de métaux précieux fines épaisseurs ou encore le cladding de plaques épaisses.
L’un des intérêts majeurs de la codification ISO 4063 pour ces procédés en phase solide est de clarifier si l’on parle bien de soudage au sens strict ou de techniques voisines (sertissage, collage, etc.). Par exemple, le soudage par friction‑malaxage en code 431 à 435 est clairement identifié comme un procédé de soudage, alors qu’un assemblage purement mécanique ne relèverait pas de la norme. Cela évite les malentendus lors de la rédaction des cahiers des charges et des dossiers de justification. Vous imaginez les conséquences d’une confusion entre un soudage FSW qualifié et un simple assemblage boulonné non prévu dans le calcul ?
Applications pratiques de la codification ISO 4063 en documentation technique
L’intérêt de la norme ISO 4063 ne se limite pas à la théorie : elle irrigue au quotidien toute la documentation technique liée au soudage. Plans, DMOS, QMOS, rapports de contrôle, certificats de qualification, procédures qualité… tous ces documents gagnent en clarté et en robustesse lorsqu’ils utilisent systématiquement les codes de procédés. On peut comparer cela à une langue commune : sans vocabulaire partagé, la compréhension entre bureau d’études, atelier, sous-traitants et organismes de contrôle devient rapidement hasardeuse.
Marquage des dessins techniques et plans de soudage selon ISO 2553
La norme ISO 2553 définit les symboles graphiques à utiliser sur les dessins techniques pour représenter les joints soudés. Elle est étroitement liée à l’ISO 4063, puisqu’elle prévoit d’indiquer le code de procédé de soudage à proximité du symbole. Concrètement, sur un plan d’ensemble ou un plan de fabrication, vous pouvez lire un symbole de soudure d’angle complété par la mention 141, 135 ou 311, qui informe immédiatement le soudeur et le contrôleur sur la technologie attendue.
Cette pratique présente plusieurs avantages. D’abord, elle lève toute ambiguïté entre différents procédés pouvant, en apparence, donner un même type de joint (par exemple une soudure en V réalisée au TIG, au MIG ou à l’électrode enrobée). Ensuite, elle permet d’optimiser la planification des travaux en atelier : en repérant tous les joints codés 135 sur un plan, il devient plus simple d’organiser les postes MAG et de préparer le bon matériel (gaz, fils, torches). Enfin, en cas de non-conformité ou de réparation, l’identification du procédé d’origine est immédiate, ce qui facilite l’analyse de causes.
Qualification des modes opératoires de soudage (QMOS) selon ISO 15614
La qualification des modes opératoires de soudage (QMOS ou WPS/PQR) est régie, au niveau international, par la série de normes ISO 15614. Ces textes exigent que le procédé de soudage utilisé soit clairement identifié, et c’est là que la codification ISO 4063 prend tout son sens. Dans un QMOS, le champ « procédé » reprend systématiquement le ou les codes concernés : 135 pour un MAG fil plein, 141 pour un TIG, 431 pour un FSW par points, etc.
En précisant ce code, on fixe le périmètre de validité de la qualification. Un changement de code ISO 4063 est en général considéré comme un changement de procédé, et peut imposer une nouvelle qualification. Cela évite qu’un mode opératoire qualifié pour le 135 (MAG) soit appliqué, par facilité, à une opération en 136 (fil fourré) ou 111 (électrode enrobée), sans validation préalable. De plus, pour les projets réglementés (équipements sous pression, structures porteuses, installations nucléaires), la traçabilité du procédé qualifié fait partie des exigences contractuelles et légales.
Certification des soudeurs et coordination avec la norme ISO 9606
La certification des soudeurs et opérateurs de soudage est traitée par la série ISO 9606 pour les métaux et ISO 14732 pour les opérateurs procédés mécanisés ou automatiques. Là encore, le lien avec l’ISO 4063 est direct : le certificat de qualification mentionne explicitement le ou les codes de procédés pour lesquels le soudeur est qualifié. Un soudeur certifié pour le 111 n’est pas, par défaut, autorisé à souder en 135 ou 141, même s’il maîtrise ces techniques en pratique.
Cette exigence peut sembler contraignante, mais elle garantit la maîtrise du procédé utilisé sur les pièces critiques. Elle permet aussi d’organiser de manière rationnelle les équipes : en croisant la liste des joints d’un projet (avec les codes ISO 4063 indiqués sur les plans) et les certifications des soudeurs (avec les mêmes codes), on affecte chaque opération à un personnel compétent et dûment qualifié. C’est un peu l’équivalent, dans le monde du soudage, de la notion de type de permis de conduire en fonction du véhicule : on ne confie pas une semi‑remorque à un conducteur n’ayant passé que le permis B.
Terminologie technique et symboles associés aux procédés ISO 4063
L’ISO 4063 ne se contente pas d’énumérer des numéros : elle fixe aussi une terminologie précise, en français et en anglais, pour chaque procédé de soudage, brasage et coupage. Cette cohérence terminologique est essentielle pour éviter les contresens, en particulier lorsque certains termes sont utilisés de manière abusive sur le terrain (par exemple « soudure au chalumeau » au lieu de « soudage oxyacétylénique »). En reliant chaque appellation à un code, la norme impose un vocabulaire rigoureux, facilement transposable dans les documents techniques, les formations et les audits.
Les symboles associés, notamment ceux de l’ISO 2553, viennent compléter cette approche. À chaque type de joint (soudure bout à bout, d’angle, en T, à recouvrement, etc.) et à chaque dimension caractéristique (gorge, longueur, angle de chanfrein) correspond une représentation graphique normalisée. En combinant symbole de joint et code ISO 4063 du procédé, on obtient une description compacte mais complète de l’opération de soudage attendue. Pour un lecteur averti, un simple symbole sur un plan devient ainsi un véritable « mode d’emploi » condensé.
Dans un contexte de mondialisation des échanges, cette uniformisation de la terminologie et des symboles liés aux procédés ISO 4063 est un facteur clé de compétitivité. Elle réduit les risques d’erreurs de fabrication dues à des malentendus linguistiques, facilite la mobilité des soudeurs et ingénieurs d’un pays à l’autre, et simplifie l’intégration de nouveaux fournisseurs dans une chaîne d’approvisionnement. En somme, derrière chaque code ISO 4063, il n’y a pas seulement un procédé, mais tout un écosystème de règles de représentation et de vocabulaire partagé.
Mise en conformité industrielle et traçabilité des procédés de soudage
Pour les entreprises industrielles, la mise en conformité avec la norme ISO 4063 ne se réduit pas à citer quelques codes dans un manuel qualité. Il s’agit d’intégrer réellement cette nomenclature dans l’ensemble du système documentaire : plans, spécifications techniques, QMOS, procédures de contrôle, enregistrements de fabrication, rapports de soudage, etc. Cette intégration permet d’assurer une traçabilité complète des procédés utilisés sur chaque joint soudé, depuis la conception jusqu’à la livraison, voire pendant toute la durée de vie de l’équipement pour les secteurs réglementés.
Concrètement, cela suppose de former les équipes (BE, méthode, production, contrôle) à la lecture et à l’utilisation des codes ISO 4063, de mettre à jour les gabarits de documents (plans, WPS, rapports) pour intégrer systématiquement le champ « procédé ISO 4063 », et de vérifier la cohérence entre les différentes normes associées (ISO 2553, ISO 15614, ISO 9606, etc.). En cas d’audit client ou de certification (ISO 3834, EN 15085, EN 1090…), la capacité à démontrer que chaque soudure est associée à un procédé identifié et qualifié selon la bonne référence ISO devient un argument fort de maîtrise technique.
Enfin, la traçabilité des procédés de soudage s’avère précieuse en cas d’incident, de non-conformité ou de retour d’expérience. Savoir précisément qu’un joint avait été réalisé en 135 avec tel mode de transfert, ou en 431 avec telle configuration d’outil FSW, permet d’analyser les causes, de mettre en place des actions correctives pertinentes et, le cas échéant, d’ajuster les modes opératoires. À l’inverse, une documentation imprécise ou non conforme à l’ISO 4063 laisse place au doute et complique toute démarche d’amélioration continue. En vous appuyant sur cette norme, vous disposez d’un socle solide pour structurer, fiabiliser et valoriser votre pratique du soudage au sein de l’entreprise.